[Témoignage de voyage et photos partagés par Zélie]
C’est dans cet état d’esprit que je suis partie un mois vers la Laponie suédoise, jusqu’à Abisko, au nord du cercle polaire… sans date de retour précise : pour s’y rendre plus de 4500 kilomètres parcourus et une aventure qui commence bien avant l’arrivée.

L’organisation de mon séjour en train vers la Laponie
Sur le papier, le trajet peut sembler impressionnant. Environ 56 heures de train à l’aller, contre une dizaine d’heures en avion (ou un peu plus, les correspondances se font très mal depuis Toulouse).
Pourtant, dès les premières correspondances, j’ai compris que la question n’était pas celle du temps perdu, mais de la manière de le vivre. Voyager en train transforme la distance en expérience.
J’ai tendance à organiser mes voyages un peu en dernière minute et celui-ci n’y a pas échappé. L’idée a germé dans ma tête pendant les vacances de Noël en lisant ce même blog (voyagerentrain.fr) et en fouillant les articles de Hourrail. Comme toujours, lorsque je planifie mes voyages, je n’utilise pas ou peu de comparateur ou d’agences. J’utilise les tracés les cartes des lignes ferroviaire et je regarde sur Google Maps les compagnies qui y circulent. Pour réserver mes billets, je le fais toujours depuis les sites des compagnies, en préférant les horaires / jours les plus abordables.
Je voyage aussi souvent de nuit, lorsque cela est possible : un gain non négligeable de temps et d’argent.
Le budget de ce railtrip vers la Suède
Pour l’instant, je n’ai pas encore choisi de prendre de pass Interrail. Après plusieurs voyages en train sans, je pense que je passerai le cap une prochaine fois. Selon les destinations et la durée du voyage, le gain en argent n’est pas forcément évident, mais le gain en sérénité l’est absolument !
Sur le plan budgétaire, ce voyage reste accessible. Le transport aller-retour m’a coûté environ 500 €, en réservant les billets progressivement.
Le budget total du mois s’élève à environ 1 500 €, en incluant les hébergements et les dépenses courantes. Pour un voyage de cette durée, traversant plusieurs pays, cela reste raisonnable. Le train permet aussi de réduire certaines dépenses, notamment en voyageant en dortoir et en choisissant des logements avec cuisine.
L’itinéraire de Toulouse à la Laponie en train
N.D.L.R. : pour mieux visualiser les différentes étapes de ce voyage en train, voici une carte récapitulative :

carte © voyagerentrain.fr
Premiers jours, direction l’Allemagne
Le départ s’est fait en train de nuit depuis Toulouse vers Paris, puis rapidement vers l’Allemagne.
Cologne a constitué la première étape. Une ville agréable, mais sans véritable surprise.
Hambourg, en revanche, m’a marquée. Je l’ai découverte gelée et sous la neige, dans une atmosphère silencieuse et presque figée par le froid. Cette première immersion dans l’Europe du Nord donnait déjà le ton du voyage.


Après un gros weekend, direction la Suède
L’Allemagne est un passage presque incontournable pour rejoindre la Scandinavie en train. À partir de là, le rythme change. Les trains de nuit deviennent centraux dans l’organisation. Dormir pendant que le paysage évolue permet de parcourir de longues distances sans sacrifier les journées sur place. J’ai choisi d’optimiser le voyage de cette manière, ce qui m’a permis de limiter le nombre de nuits d’hébergement supplémentaires et de conserver un rythme fluide.
Stockholm a marqué une transition importante. Je connaissais déjà la ville, mais y revenir en hiver lui a donné une dimension différente. Marcher sur l’eau gelée, prendre le temps avant de poursuivre vers le nord, observer la lumière évoluer progressivement. Cette étape faisait déjà sentir que l’on approchait d’un autre territoire.


Déjà une semaine depuis le départ de Toulouse, l’arrivée au cercle polaire est proche
Le train de nuit entre Stockholm et Abisko reste l’un des moments les plus forts du trajet. Au réveil, les paysages avaient radicalement changé. Forêts enneigées, vastes étendues blanches, lumière très douce du matin. L’impression d’entrer dans un décor presque irréel, sans transition brutale. Le déplacement lui-même devenait une expérience visuelle et sensorielle.
À Abisko, j’ai passé plusieurs jours à un rythme volontairement simple. Randonnées dans la montagne, marches sur le lac gelé, moments au sauna et soirées à observer le ciel dans l’espoir d’apercevoir des aurores boréales. Je n’avais pas envie d’enchaîner les activités organisées. Ce séjour était pensé comme un temps de présence, pas comme une accumulation d’expériences.





Après deux semaines de voyage, il est temps de commencer la redescente
Ceux qui ont déjà vécu l’hiver polaire comprendront probablement cette sensation de tristesse que j’ai pu avoir en partant d’Abisko. Ce trajet sera d’ailleurs le plus long du voyage, près de 24 heures de train pour rejoindre Uddevalla, lieu ou je passerai plus de 2 semaines à faire du wwoofing dans un centre de jeûne.
Mon expérience en wwoofing en Suède
Étant à mon compte, il est plus facile pour moi de m’organiser et de combiner en quelque sorte vacances et télétravail. Afin de compléter mon séjour avec une expérience locale, j’ai réalisé un peu plus de deux semaines de bénévolat. J’avais trouvé cette opportunité sur le site de Woof Suède, et après plusieurs échanges avec les propriétaires, j’ai décidé de franchir le pas !
C’est donc plus de deux semaines dans une capsule nichée au milieu d’une forêt dans l’ouest de la Suède que j’ai pu continuer mon séjour.
Puis, la redescente vers Toulouse
Après presque 4 semaines de voyage en itinérance, il était temps pour moi de repartir pour la France. J’ai commencé par une première étape à Göteborg. Grande ville de Suède, je n’ai pas vraiment eu un coup de cœur pour l’endroit. Il y a de très bons kanelbulle géants, un mignon centre-ville mais l’étape n’était pas indispensable.
De Göteborg, je prends le train pour me rendre au Danemark. Ce sera dernier pays que je vais visiter sur ce séjour. C’était l’occasion pour moi de revisiter Copenhague, que j’ai adoré, malgré le coup exorbitant de la ville !


Bilan de ce voyage en solo et en train vers la Laponie
Voyager seule n’a pas été un frein. Au contraire, cela a facilité les rencontres et les échanges. Dans les auberges, dans les trains ou sur les quais, les discussions se créent naturellement. Le voyage en train favorise ces moments, car les temps d’attente et les correspondances offrent des espaces propices à la conversation.
Ce type de trajet implique néanmoins certaines contraintes. Les correspondances demandent de l’organisation. La flexibilité est nécessaire. Et il faut accepter que tout ne soit pas parfaitement linéaire. Mais ces ajustements font partie de l’expérience. Ils encouragent à planifier sans rigidité, à anticiper sans sur-contrôler.
Avec le recul, ce voyage dépasse largement la seule destination. Abisko représentait un objectif, mais l’essentiel s’est joué dans le déplacement lui-même. Les paysages traversés, la continuité du trajet, les nuits en train et les villes découvertes en chemin ont construit une expérience complète.
Prendre l’avion aurait réduit le temps de trajet, mais aurait effacé cette dimension progressive. Le train impose un autre rythme, plus lent, mais plus immersif. Il invite à observer, à s’adapter et à considérer le voyage comme un processus plutôt qu’un simple point de départ et d’arrivée.
En arrivant au nord de la Suède, j’ai eu le sentiment d’avoir vécu bien plus qu’un simple déplacement. Et c’est peut-être cela qui donne aujourd’hui toute sa valeur à cette aventure : la sensation d’avoir traversé l’Europe, non pas en quelques heures, mais en prenant réellement le temps.
Si vous avez une interrogation ou une précision à apporter à ce récit de voyage, n’hésitez pas à laisser un commentaire dans l’espace attribué ci-dessous. Et si vous souhaitez à votre tour partager avec nous votre témoignage, rendez-vous par ici. Bon voyage ! 🚂
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Merci pour ces belles photos mais aissi ce très beau texte qui exprime très bien la magie du voyage en train.
Bonjour
Pourriez vous détailler juste le trajet en train ? Changements etc. Merci bcp
Cordialement
Trop bien, dés que j’ai mois de congé, je fait ça !
Bonjour,
En se concentrant sur la Laponie suédoise, ce voyage est possible sur deux semaines avec une semaine de trajet aller-retour (avec des arrêts plus ou moins longs dans les villes traversées) et une semaine sur place. C’est ce que nous avons fait pendant les dernières vacances scolaires (notre récit va bientôt arriver sur notre blog voyage).
Après si vous avez un mois de congés, c’est encore mieux. 🙂