[Témoignage de voyage et photos partagés par Faustine Gauthier]
Depuis que nous avons un enfant, les vacances d’été riment avec des vacances en famille avec les grands-parents. Un rituel s’est donc installé d’aller passer un peu de temps chez les uns, puis un peu de temps chez les autres, en dessinant un triangle.
Ce triangle a pour extrémités : Nancy – une des plus belles villes françaises, avec sa fascinante place Stanislas – et Lucca (Lucques en français), une très belle ville italienne située au nord de Pise en Toscane. Auparavant, la 3e était Paris. Maintenant, c’est La Haye aux Pays-Bas où nous nous sommes expatriés en 2024 grâce à une opportunité professionnelle de mon conjoint.
- Préparatifs avec nos pass Interrail
- Outils utilisés pour créer notre itinéraire en train
- Récit de ce voyage en train et de nos haltes
- Avec un enfant à bord
- Bilan de notre voyage en chiffres
Ces dernières années, avec notre fille devenue un peu plus grande (5 ans en 2025), nous avons osé faire de plus longs trajets en train. Nous avons ainsi testé le principe d’une halte d’une nuit au milieu, pour couper la route en deux. Depuis Paris, nous avions été un peu gênés par l’éboulement à Modane qui avait coupé la ligne directe du train vers l’Italie (entre 2023 et 2025). Depuis La Haye, cela changeait la donne, c’était bien plus loin. Et lors de courtes vacances, nous avions dû renouer avec l’avion pour rejoindre plus directement et rapidement l’Italie depuis les Pays-Bas.
Pour l’été 2025, nous ne voulions pas voyager en avion. Alors, nous avons acheté 3 pass Interrail pour tout faire en train, pour prendre notre temps, et pour découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles haltes.
Voici le détail de notre trajet :
- à l’aller, La Haye – Utrecht – Mannheim – Radolfzell – Markelfingen – Singen – Zurich – Milan – Florence – Pisa – Lucca
- et au retour, Lucca – Florence – Bologne – Ravenne – Bologne – Milan – Côme – Chiasso – Lugano – Bâle – Strasbourg – Nancy – Bettembourg (en bus, à cause de travaux à ce moment-là sur la ligne ferroviaire) – Luxembourg – Bruxelles – La Haye
N.D.L.R. : pour mieux visualiser les différentes étapes de ce voyage en train, voici une carte récapitulative :

carte © voyagerentrain.fr
Préparatifs avec nos pass Interrail
Nous avons bénéficié de la promotion printanière de 15 % sur les billets adultes et de la gratuité permanente du pass pour les enfants de moins de 11 ans.
Je les ai achetés sur Railee un nouveau site de ventes de billet. C’était une start-up dont je recevais la newsletter et que j’ai voulu ainsi encourager. Railee s’est maintenant allié à Hourrail pour créer une application pour l’organisation de voyage en train en Europe.
👀 À lire aussi : notre guide complet du pass Interrail (prix, fonctionnement, avantages et inconvénients…)
Dès mars, nous nous projetions donc dans le plan. Mais nous n’avons tracé l’itinéraire que 2 semaines avant. C’est la flexibilité que permet le pass Interrail, sachant que nous avions prévu d’employer le moins possible de trains à réservation.
Nous aurions bien aimé inclure un peu de trains de nuit dans notre itinéraire (notre fille était demandeuse). Mais nous avons vite buté sur leur disponibilité et leur prix. Les rares fois où j’obtenais un résultat positif, la réservation de couchettes – indispensable en complément du pass Interrail – était très chère et annulait l’avantage économique du pass Interrail.
Nous avons donc privilégié les trains de jour, et même les trains sans réservation. Cela excluait donc les TGV français qui avaient auparavant été les arrêtes principales de notre triangle estival. En même temps, ce principe allait bien dans le sens de trouver les chemins les plus directs géographiquement. Et c’est ce que nous avons fait, très concrètement, en traçant notre itinéraire avec des post-it sur la belle et pratique carte ferroviaire Cartotrain.

Ainsi pour aller d’Italie à Nancy, pas de passage par Paris ni même par Lyon ! Nous avons traversé la Suisse entre Lugano et Basel. Ce qui permet ensuite de rejoindre Strasbourg (en Alsace) puis la Lorraine.
De la même façon, pour aller de Nancy à La Haye aux Pays-Bas, nous avons troqué le combo cher et rapide TGV + Eurostar (avec changement entre Gare de l’Est et Gare du Nord à Paris), pour des chemins de traverse par Luxembourg et Bruxelles.
Outils utilisés pour créer notre itinéraire en train
Pour construire notre itinéraire détaillé, explorer la carte ferroviaire papier de Cartotrain a été un premier pas. Elle nous a permis d’imaginer les haltes souhaitées au lac de Constance en Allemagne et au lac de Côme en Italie. Un ami suisse nous a dit : « vous évitez délibérément mon pays ! », nous avons répondu pragmatiques « on ne veut pas se ruiner » ! Si on ajoute l’escapade en amoureux au lac de Gerardmer en Lorraine, nous avions un thème “lac” cette année-là.
Pour trouver les bons enchaînements de trains (les horaires), nous avons utilisé l’application officielle d’Eurail : RailPlanner. J’ai cherché les parcours, en cochant le filtre “sans réservation” et correspondance d’au moins 15 min. Parfois j’ai décoché “sans réservation”, car certains trains internationaux (Pays-Bas <> Allemagne) et les trains Intercity italiens (également les trains à grande vitesse Frecciarossa évidemment) sont à réservation obligatoire. Pour un long trajet en ICE, j’ai préféré aussi assurer nos arrières en optant pour la réservation facultative de sièges. Avec un enfant, c’est préférable d’être sûr d’être assis et d’être assis ensemble.
Pour acheter concrètement les réservations, en complément du pass Interrail, j’ai utilisé :
- l’application DB pour l’Allemagne (sans frais de dossier)
- et la plateforme Interrail (avec frais de dossier de 6 € par billet) pour la Suisse et l’Italie.
Pour trouver le bon itinéraire, j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois. Déjà en vérifiant les horaires allemands sur DB Navigator, j’ai découvert qu’un des trains projetés ne circulait pas pour cause de travaux. DB ne me proposait aucune alternative et RailPlanner non plus. J’ai donc testé le nouveau site de la start-up suédoise RailFinder (très ergonomique par ailleurs, je le recommande). Ils m’ont trouvé une bonne solution en changeant dans une autre ville allemande. C’est en effet ce que permet le réseau ferroviaire allemand densément maillé.
Pour l’itinéraire de retour à la maison (Nancy – La Haye), la réponse de RailPlanner n’était pas satisfaisante quand je cochais « sans réservation ». Là j’ai simulé la recherche sur le site SNCB. Puis j’ai refait ma demande sur RailPlanner, en découpant le parcours en deux bouts.
Pour créer l’itinéraire, nous avons eu donc besoin d’une belle carte papier, de plusieurs outils numériques et d’un peu de patience. Mais cela s’est bien fait et même en quasi dernière minute.


Récit du voyage et de nos haltes
Le jour J du départ, j’ai activé le premier jour des 3 pass Interrail sur mon téléphone. Émotion. Ce n’est plus la ligne qu’on remplit avec un stylo sur le pass papier de mes 20 ans. « Vous êtes sûr ? » demande l’appli. Oui, c’est parti !
Arrivés à Utrecht, nous avons la surprise de tomber sur Raphaël, un ami néerlandais, fondateur de la start-up de voyage en train Choo-Choo. Il navigue régulièrement entre Amsterdam et Rome, en train évidemment, et sans halte généralement.
Halte sur le trajet à l’aller, au lac de Constance
Pour notre première halte au lac de Constance que nous voulions visiter, mon conjoint (les hébergements, c’est lui dans notre répartition de couple) nous a dégoté un petit hôtel à Markelfingen, à deux petits arrêts en train de la gare de Constance.
Notre hôtel Am Gleis était juste génial. On y accède sur le quai en descendant du train. C’est l’ancienne gare et elle a été parfaitement réhabilitée. Un hôtel avec des chambres à 3 (à 4 également), parfait pour les familles (et les cyclistes). Les toilettes et douches (propres) sont en commun. Le prix était quand même de 100 € la nuit, mais c’était beaucoup moins que dans les environs. Le restaurant de l’hôtel propose une carte mélangeant des propositions gastronomiques et des plats simples qui vont bien aux enfants. Nous nous sommes régalés !
Le lendemain, nous sommes allés visiter la magnifique île de Mainau sur le lac de Constance (Bodenzee en allemand). Sur le chemin du retour, nous changeons à la gare de Radolfzell au bord du lac. Humant la bonne odeur de Bradwurst et apercevant une scène qui se prépare, nous faisons alors une halte. Celle-ci se transforme en concert fanfare, où l’on danse jusqu’au coucher du soleil. Nous avons vraiment eu raison de réserver deux nuits ici pour profiter d’une journée pleine de découvertes.


L’Italie d’est en ouest, de mer en mer
La Toscane, c’est notre deuxième maison. C’est une région magnifique, pleine de villes et de campagnes sublimes… et largement accessibles en train grâce au maillage du train régional.
Lucca est une ville qui n’est pas forcément inclus dans le circuit touristique toscan – qui privilégie souvent Florence, Sienne et Pise – et c’est bien dommage !
Cette ville au mille clochers de marbre blanc et noir (mes préférées sont San Michele et San Frediano) est entièrement entourée de larges murailles de briques du 16e siècle, où il fait bon faire le tour pour une balade de 4 kilomètres à l’ombre des arbres. Il y a aussi une vie culturelle intense tout au long de l’année et en particulier l’été. Lucca est la ville de naissance du compositeur Puccini. Son festival international de la BD (en novembre) rassemble plus de 300 000 participants.
Vous l’avez compris : je vous en recommande la visite ! Avantage supplémentaire si vous voulez y rester plus longtemps : Lucca est à la fois proche de la mer (Viareggio) et des montagnes (Alpes apuanes).


Cette année, nous avons également voulu explorer encore une autre région de cette majestueuse Italie qui nous fascine tant.
Nous avons opté pour Ravenna, en Émilie-Romagne, de l’autre côté de la botte. C’est la ville historique de la mosaïque. Elle a été capitale de l’Empire romain d’Occident au Ve siècle. Le grand auteur italien Dante y est enterré. Et là encore, la mer – adriatique cette fois – n’est pas loin. On y a séjourné deux nuits dans un centre de vacances pas cher avec une belle piscine (Club del Sole Adriano) et en testant le glamping (mix entre une structure en dur et une toit en tente) pour la première fois (verdict plutôt positif).


Halte sur le trajet du retour, au lac de Côme
Pour notre trajet retour Toscane – Lorraine, nous nous sommes aussi donnés raison de ne nous arrêter qu’une seule nuit au lac de Côme. La demie-journée qu’on y a passé nous a suffit. Nous avons été étouffés par la chaleur, les montagnes et la foule.
Notre logement, en arrière-ligne à 3 minutes à pied de la gare de Como Camerlata, était très pratique en termes d’accessibilité avec nos valises. Mais il n’était pas très agréable (un studio qui sentait la cigarette à 150 € la nuit).




Avec un enfant à bord
Pendant les trajets en train, nous avons beaucoup joué avec notre fille ! Le Uno est vraiment un jeu universel et très pratique dans le train. On n’était pas les seuls !
Nous avons aussi passé des bons moments à pique-niquer. Nous avions pris soin de préparer nos repas à emporter dans nos boites Bento et dans notre sac à dos glacière Décathlon.
Pour un voyage d’une journée, il y a forcément des repas à bord. Et c’est un temps qui passe agréablement vite. Pour les trajets plus courts, nous essayons toujours de viser des horaires pendant le repas du midi. Notre fille adore pique-niquer et voit ainsi encore moins le temps passer.


On ne va pas se mentir, notre enfant ayant davantage l’âge et l’envie de regarder un écran, elle a eu le droit à un peu de dessins animés (passion Firebuds et Paddington cet été-là).
Elle a alterné avec des histoires à écouter dans son Merlin (une boîte à histoires co-créée par Bayard et Radio France), un peu de coloriage et d’histoires lues sur les genoux.
Dans les trains suisses, nous étions assis dans la fameuse voiture « famille ». Il y a des décorations gaies inspirées de l’univers de Disney et des damiers collés sur les tables. Nous n’avons pas spécialement joué avec les tables, mais c’était agréable de se sentir ainsi accueillis dans une atmosphère joyeuse.
Côté parents, des journaux dans les yeux du Papa, des podcasts d’A voix nue de France Culture dans les oreilles de la Maman. Et puis, un peu de lecture d’un roman italien qu’un ami m’avait fait tomber dans les mains. Un peu d’yeux fermés aussi (contrairement à notre fille) et d’admiration des montagnes à travers la fenêtre du train.


Bilan de notre voyage en chiffres
Si on fait les comptes, pour chacun des 5 jours de voyage Interrail, nous avons pris 4 à 6 trains et voyagé pendant 8 à 12 heures de porte à porte. Si on compte aussi le 6e jour de voyage en train hors Interrail, nous avons pris 27 trains en 3 semaines. Car nous avons aussi traversé l’Italie d’est en ouest pour aller tâter la mer adriatique, et l’aller-retour de Lucca à Viareggio pour profiter de la mer tyrrhénienne.
Parmi eux, seuls 3 ont été en retard. Et 1 seul a perturbé notre correspondance, sur un train sans réservation. Le dérangement a été léger. Nous avons simplement dû prendre le train suivant pour un bon enchaînement avec le train final.
Nous avons voyagé avec 7 compagnies ferroviaires : NS, DB, SBB, Trenitalia, Trenord, SNCF, SNCB.
Côté coût des trains : les 3 pass Interrail 5 jours nous ont coûtés 542 € (281€ par adulte et pass gratuit pour l’enfant). Les réservations de siège en supplément nous ont coûtés 170 €. Si on divise par 3 personnes et par 5 jours, cela revient donc à 36 € par personne et par jour (ou 47 € avec les suppléments). Vraiment pas cher ! Cela nous permet aussi de voir quand c’est intéressant d’activer le jour Interrail ou pas.




En conclusion
Le temps de voyage, à bord et en gare, est toujours passé vite et bien. Nous ne sous sommes jamais ennuyés, nous n’avons pas trouvé le temps trop long, même notre fille de 5 ans. Même si nos journées de voyage duraient tout le jour, nous avions l’impression d’une vraie journée de vacances. Et certainement pas d’une journée perdue. Car les trajets en train font pleinement partie du voyage. Il guide même un peu nos destinations.
Cet été 2026, nous repartons en Interrail pour notre triangle familial ! Des trains, plein de trains à l’horizon. De jolies escales aussi.
Si vous avez une interrogation ou une précision à apporter à ce récit de voyage, n’hésitez pas à laisser un commentaire dans l’espace attribué ci-dessous. Et si vous souhaitez à votre tour partager avec nous votre témoignage, rendez-vous par ici. Bon voyage ! 🚂
Autres liens utiles pour préparer votre itinéraire
- 10 jours en train dans les Alpes (Italie, Autriche et Suisse) par Et pourtant elle tourne…
- Visiter la Forêt-Noire en famille par Et pourtant elle tourne…



Génial ! Ça donne envie de le refaire.
Merci pour ce partage. Superbe voyage qui fait bien envie !
La halte d’une nuit au milieu pour couper le trajet, j’aurais dû y penser : entre Moscou et Vladivostok, j’ai enchaîné six jours et sept nuits d’affilée dans le Transsibérien. Magique, mais on redescend sur le quai avec les jambes en coton.