De la Turquie à la France en train (2/2) : l’Optima Express

[Témoignage de voyage et photos partagés par Les Bottes En Train]

Dans la première partie, nous racontions le trajet à bord du Doğu Express, d’Erzurum à Istanbul. Dans cette seconde partie, nous partons d’Istanbul pour rejoindre Edirne, puis nous embarquons à bord de l’Optima Express jusqu’à Villach, avant de continuer vers Paris puis le Sud Ouest.

N.D.L.R. : pour mieux visualiser cet itinéraire d’Istanbul à Paris, voici une carte récapitulative :

Carte : de la Turquie à la France en train avec l'Optima Express - © voyagerentrain.fr

carte © voyagerentrain.fr

Le trajet d’Istanbul à Edirne

Après 5 jours à Istanbul, il est temps de prendre le dernier long train de notre périple, l’Optima Express. Mais pour cela, il faut d’abord rejoindre Edirne, située tout près des frontières grecque et bulgare : c’est la ville de départ de l’Optima Express.

Pour y aller depuis Istanbul, il faut rejoindre la gare d’Istanbul (Halkalı), assez excentrée. Comptez 1 heure de transport depuis le centre historique. Nous avions prévu de prendre un train de type RER, mais une panne de réveil, et donc une heure de retard sur notre planning, nous a obligés à prendre un taxi. Heureusement, nous sommes arrivés à temps et avons pu monter dans le train 15 minutes avant le départ.

  • Itinéraire : Istanbul (Halkalı) – Edirne
  • Date : le 27 juillet 2026, départ à 8 h 35 et arrivée à 14 h 11 
  • Distance : 230 km
  • Prix : 23,36 € (2 adultes + 2 enfants de 9 et 12 ans)
  • Émissions de CO₂ : 5,4 kg par personne

L’Optima Express, un train pas comme les autres

L’Optima Express est probablement l’un des trains les plus surprenants de notre retour. Son principe est assez particulier : il permet de voyager entre Edirne (Turquie) et Villach (Autriche), en environ 38 h 30 pour près de 1 400 km en emportant les voitures, à travers la Bulgarie, la Serbie, la Croatie et la Slovénie.

Historiquement utilisé par la diaspora turque d’Allemagne pour rentrer au pays sans passer des jours au volant, il est toujours principalement emprunté par des voyageurs turcs. Pour nous, qui voyagions sans voiture, l’intérêt était différent : nous pouvions l’utiliser comme un véritable moyen de transport longue distance pour continuer notre retour vers la France.

Il circule une fois par semaine entre avril et novembre, et il est possible de réserver longtemps à l’avance (jusqu’à un an) sur le site dédié : https://optimatours.de/en/

Son prix est tout de même très élevé.

  • Itinéraire : Edirne – Villach
  • Dates : départ le 28 juillet 2026 à 17 h 45, arrivée le 30 juillet 2026 à 8 h 19
  • Distance : 1 400 km
  • Prix : 769 € (2 adultes + 2 enfants de 9 et 12 ans)
  • Émissions de CO₂ : 29,12 kg par personne

Attention à l’horaire de départ ! Il est indiqué qu’il faut se présenter 3 heures avant. Nous pensions que cela concernait uniquement les propriétaires de véhicules et nous nous étions donc dit que nous arriverions 1 heure avant, comme à chaque fois. Avec un départ à 17 h 45 et une nuit passée à Edirne pour ne pas nous presser, nous étions larges, pensions-nous…

Mais à 15 h 30, Matthieu reçoit un appel d’un numéro inconnu : une femme lui demandait où nous étions, le check-in de l’Optima Express allait fermer dans 15 minutes et on nous attendait ! Petite panique : ces 3 heures valaient pour tout le monde, et nous étions en retard. Heureusement, nous n’étions qu’à 10 minutes de la gare. Nous avons pris nos lourds sacs sur le dos et filé à toute allure. Nous sommes arrivés 3 minutes avant la fin de l’enregistrement, contrôle des passeports, coup de tampon du douanier turc pour la sortie du territoire… ouf !

De la Turquie à la France en train avec l'Optima Express : retour d'expérience
De la Turquie à la France en train avec l'Optima Express : confort à bord

Particularités de l’Optima Express

  • On peut embarquer sa propre voiture ou sa moto sur des wagons dédiés, et voyager en cabine couchettes de 6 places. 
  • C’est l’une des rares lignes d’Europe à être aussi longue : 38 h 30, avec 2 nuits à bord. 
  • Il ne fait aucun arrêt entre le départ et l’arrivée : les portes sont même bloquées par des scellés (sommaires) ! Il y a en revanche des passages de frontière en Bulgarie et en Croatie (en pleine nuit pour celui-ci !). 
  • La langue du train, c’est l’allemand, étonnant ! 

Repas et confort à bord de l’Optima Express

Le train possède une voiture-restaurant, mais les prix y sont élevés (re-bienvenue en Europe !) et seul le cash en euros est accepté. Nous avions apporté nos provisions pour les 3 jours : nous préférons nettement être autonomes. L’eau chaude est gratuite (en apportant son contenant au bar), ce qui nous a permis de cuire nos fidèles nouilles instantanées.

Côté confort, la cabine est très spacieuse, avec 6 lits confortables et une grande table amovible. Il est possible de la privatiser pour 4, ce qui explique aussi le prix payé. En revanche, il n’y a pas de climatisation et, malgré les fenêtres ouvertes, il a fait très chaud !

L’ambiance est détendue : le train n’était pas plein et il ne secouait pas. Il y a des douches et les toilettes sont plutôt propres…

Un point d’attention : à l’entrée en Bulgarie, le train est aspergé d’un produit désinfectant. Nous avions les fenêtres ouvertes, et Lucie et Matthieu se sont retrouvés avec du produit sur eux. Nous les avons rapidement lavés, sans vraiment savoir ce que c’était… Vous voilà prévenus !

Les paysages traversés sont certes moins impressionnants que ceux du Doğu Express, mais nous avons retrouvé peu à peu des forêts que nous n’avions pas vues depuis des mois, des maisons semblables aux nôtres… une atmosphère qui nous a rappelé que nous rentrions bien à la maison.

Arrivée à Villach, puis trajet Villach – Paris

L’arrivée à Villach était prévue à 8 h 30. Nous avions pris un train 3 heures plus tard, avec 3 correspondances, pour arriver à Paris le soir. Connaissant les retards fréquents, ça pouvait être risqué, mais nous étions optimistes. Et, coup de chance, nous sommes arrivés pile à l’heure !

Depuis Villach, nous avons continué en train jusqu’à Esslingen (Neckar), puis pris une navette pour rejoindre Stuttgart, avant de monter dans le TGV pour Paris. Ce train était le 100e de notre voyage et nous ramenait en France, pas exprès, mais trop cool !

Cette partie du trajet a été la plus tendue de tout le voyage. Les correspondances étaient courtes et tous les trains ont eu du retard, mais nous n’en avons raté aucun ! La bonne étoile ferroviaire, peut-être :). C’était aussi très étrange d’entendre tous les gens parler français, de comprendre toutes les conversations… Lucie a mis quelques heures à ne plus dire « sorry » à la place de « pardon » mais les habitudes sont vites revenues.

  • Itinéraire : Villach – Esslingen – Stuttgart – Paris
  • Distance : 928 km
  • Prix : 275,04 € (2 adultes + 2 enfants de 9 et 12 ans)
  • Émissions de CO₂ : 9,29 kg 

Et après ?

Nous sommes arrivés vers 22 h 30 à la gare de l’Est. Nous avons ensuite pris un taxi pour rejoindre le frère de Coline, qui habite dans l’ouest parisien. Une belle occasion de se revoir après notre année de vadrouille. Nous avons profité d’une journée tous ensemble avant de prendre les deux derniers trains du voyage, un OUIGO Grande Vitesse Paris Montparnasse – Bordeaux puis un Intercité Bordeaux – Langon.

Arrivés à Langon, nous avons été accueillis par des amis, je vous laisse imaginer l’émotion ! Et après quelques heures passées avec eux, nous avons pris la route pour faire les derniers kilomètres jusqu’à chez nous…

Nous n’étions ni tristes ni nostalgiques, simplement heureux d’avoir réalisé notre rêve, même si tout cela semblait presque irréel, tant nos repères ici n’avaient pas changé.

Ce qui m’a le plus marquée : après 13 mois sans conduire, je suis remontée dans ma voiture et nous sommes rentrés sans aucune difficulté à me réapproprier la conduite… comme si je n’avais jamais quitté cette vie.

  • Itinéraire : Paris – Bordeaux – Langon
  • Distance : 610,80 km
  • Prix : 325,10 € (un samedi 1er août !) (2 adultes + 2 enfants de 9 et 12 ans)
  • Émissions de CO₂ : 1,23 kg 

Ce que nous retenons du trajet Turquie – Europe

Cette dernière partie de notre voyage nous a particulièrement plu, parce qu’elle résumait assez bien notre manière de voyager. Nous aurions pu chercher le trajet le plus rapide, mais nous aurions alors supprimé une partie de l’aventure.

Le Doğu Express nous a permis de traverser l’Anatolie en prenant le temps de regarder le paysage. L’Optima Express nous a permis de transformer une grande distance entre la Turquie et l’Europe centrale en une expérience ferroviaire à part entière.

Surtout, ces trains nous ont permis de voyager par les rails jusqu’au bout, ce qui était notre objectif, et de montrer qu’il est possible d’utiliser ce mode de transport bas carbone sur de longues distances, non pas comme une contrainte, mais avec plaisir.

  • Itinéraire : Istanbul – Langon
  • Distance parcourue en train : 3 168,8 km 
  • CO₂ par personne : 45,04 kg (évaluation selon le type d’énergie de la locomotive et l’intensité carbone de l’électricité du pays traversé) 
  • Prix : 1 392,50 € pour 4 personnes 
  • Prix par personne : 348,13 € (simple division par 4, sans tenir compte des tarifs enfants, moins chers) 

Si vous avez une interrogation ou une précision à apporter à ce récit de voyage, n’hésitez pas à laisser un commentaire dans l’espace attribué ci-dessous. Et si vous souhaitez à votre tour partager avec nous votre témoignage, rendez-vous par ici. Bon voyage ! 🚂

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Nous sommes une famille de quatre : Matthieu, Coline, et nos deux filles, Lucie et Chloé. En juillet 2025, nous avons quitté la France avec nos sacs à dos pour partir 13 mois faire le tour de l'Asie sans avion et un maximum en train. Suivez-nous sur notre blog par ici et sur Instagram par là.
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Un commentaire pour “De la Turquie à la France en train (2/2) : l’Optima Express”

  1. L’Optima est probablement un train intéressant, mais 769 euros pour faire 1400 km, ça me fait peur ! Il faut vraiment être motivé, surtout s’il n’y a qu’un train par semaine. Les Nightjet d’OBB ont des tarifs + compatibles avec mon budget 😉
    Cela dit, bravo pour ce voyage et pour le récit détaillé, les filles ont probablement des tas de souvenirs de cette aventure !

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